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Loyers meublés : pourquoi 18,6 % de prélèvements en 2026 ?

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Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·2 mai 2026

Vous déclarez vos revenus de location meublée pour 2025 en ce mois de mai 2026. Sur un bénéfice net de 8 000 euros, vous vous attendiez à 1 376 euros de prélèvements sociaux — le taux de 17,2 % que vous connaissiez depuis des années. Vous en paierez 1 488 euros, soit 112 euros de plus. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, votée en décembre 2025, a relevé la CSG (Contribution Sociale Généralisée — la principale cotisation prélevée sur les revenus) de 1,4 point sur les revenus BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux — le régime fiscal des locations meublées). Le LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé) est le seul statut de bailleur concerné. Les loyers nus et les plus-values immobilières restent à 17,2 %. Voici ce qui change, et comment le régime réel reste votre meilleure parade.

Ce que la loi de financement de la sécurité sociale 2026 a modifié

Les prélèvements sociaux en LMNP se composent de trois contributions superposées. Une seule a été modifiée — la CSG, la plus importante :

ContributionAvant 2026Depuis 2026
CSG9,2 %10,6 %
CRDS0,5 %0,5 %
Prélèvement de solidarité7,5 %7,5 %
Total BIC / LMNP17,2 %18,6 %

La hausse est ciblée sur les revenus d'activité et les revenus relevant du régime BIC — dont font partie les loyers perçus en LMNP. La CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale — 0,5 % non déductible) et le prélèvement de solidarité (7,5 %) restent inchangés. Le relèvement de 1,4 point sur la seule CSG représente une augmentation de 8 % du taux total (article L. 136-6 du Code de la sécurité sociale — legifrance.gouv.fr).

Revenus fonciers et plus-values : pourquoi ils y échappent

Si vous louez un appartement vide, vos revenus sont des revenus fonciers — une catégorie fiscale distincte des revenus BIC. La LFSS 2026 n'a pas modifié les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine au sens strict (foncier, dividendes, intérêts) : ils restent à 17,2 %. Les plus-values immobilières lors d'une vente sont également maintenues à 17,2 %.

Ce choix législatif crée une nouvelle asymétrie entre location nue et location meublée sur le seul volet des prélèvements sociaux. Un bailleur de logement nu à TMI 30 % (taux marginal d'imposition — la tranche la plus haute de votre barème) paie 30 % + 17,2 % = 47,2 % de charge fiscale totale sur ses loyers nets. Un LMNP au micro-BIC paie désormais 30 % + 18,6 % = 48,6 %. Le régime réel, lui, peut ramener les deux postes à zéro via l'amortissement (source : PAP.fr — Budget 2026 : le statut du bailleur privé confirmé, le LMNP sauvé mais…).

Ce que ça coûte concrètement : trois exemples

Le tableau suivant compare l'impact selon différents niveaux de bénéfice BIC net déclaré — celui que vous obtenez après abattement micro-BIC de 50 %, ou après déduction de vos charges réelles au régime réel.

BIC net déclaréAvant (17,2 %)Depuis 2026 (18,6 %)Écart annuel
3 000 €516 €558 €+ 42 €
8 000 €1 376 €1 488 €+ 112 €
15 000 €2 580 €2 790 €+ 210 €
0 € (régime réel avec amortissement)0 €0 €0 €

La dernière ligne illustre le point essentiel : les prélèvements sociaux sont calculés sur le bénéfice BIC net. Si votre résultat net est nul — ce qui est courant au régime réel grâce à l'amortissement (la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration — souvent plusieurs milliers d'euros par an) —, les prélèvements sociaux sont nuls eux aussi, quel que soit le taux applicable (article 39 C du CGI — Code général des impôts — legifrance.gouv.fr).

Au régime réel, l'amortissement neutralise la hausse

Pour un appartement acheté 200 000 € (hors foncier) loué meublé, l'amortissement au régime réel génère environ 6 000 à 8 000 € de charges déductibles par an — avant même d'ajouter les intérêts d'emprunt, la taxe foncière et les frais de gestion. Sur des loyers annuels de 12 000 €, le bénéfice BIC net après toutes charges descend souvent à zéro en début de prêt.

Le raisonnement est le même avec la hausse à 18,6 % : si votre base BIC est nulle, l'augmentation de taux ne vous coûte rien. C'est précisément pourquoi la comparaison entre micro-BIC et régime réel penche de plus en plus en faveur du régime réel à mesure que le taux augmente — chaque hausse amplifie mécaniquement l'avantage du bénéfice ramené à zéro.

Au micro-BIC, la base n'est pas nulle.L'abattement forfaitaire de 50 % (pour les locations longue durée, dans la limite de 77 700 € de recettes) laisse la moitié de vos loyers imposable. Pour 14 000 € de loyers annuels, votre BIC net micro est de 7 000 €, et vos prélèvements sociaux 2026 s'élèvent à 1 302 € — contre 1 204 € avant la hausse. La différence annuelle de 98 € ne justifie pas à elle seule un passage au régime réel, mais s'ajoute à l'économie d'impôt sur le revenu que l'amortissement permet au régime réel.

La fraction déductible de la CSG : ce qui reste inchangé

Une partie de la CSG est déductible de votre revenu imposable de l'année suivante. Cette fraction reste fixée à 6,8 % par l'article 154 quinquies I du CGI (legifrance.gouv.fr) : le relèvement de la CSG à 10,6 % n'a pas modifié ce mécanisme. Sur 10,6 % de CSG, seuls 6,8 % sont déductibles. Les 3,8 % restants, la CRDS et le prélèvement de solidarité sont non déductibles.

En pratique, cette fraction déductible est pré-remplie automatiquement par l'administration fiscale dans votre déclaration de revenus de l'année suivante — vous n'avez rien à calculer manuellement. Ce qui change, c'est que la fraction non déductible passe de 2,4 % à 3,8 % de CSG — un surcoût net définitif de 1,4 point par rapport à la situation antérieure.

Pour mesurer l'impact exact sur votre situation — selon votre bénéfice BIC net, votre régime fiscal (micro-BIC ou réel) et votre tranche d'imposition — et voir si un passage au régime réel change la donne dans votre cas précis, notre simulateur intègre les taux 2026. Simuler votre situation LMNP.

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Questions frequentes

La hausse des prélèvements sociaux LMNP touche-t-elle les revenus 2025 déclarés en mai 2026 ?
Oui. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026), votée en décembre 2025, prévoit une application aux revenus BIC de l'année 2025. Sur votre avis d'imposition reçu à l'été 2026, la ligne « prélèvements sociaux sur revenus du patrimoine » sera calculée à 18,6 % sur votre bénéfice BIC net 2025. Pour 8 000 € de BIC net, la différence est de 112 € par rapport à l'ancien taux de 17,2 % (PAP.fr — pap.fr/actualites/proprietaires-vous-echapperez-a-la-hausse-de-la-csg-en-2026-sauf-si/a29229).
Pourquoi les revenus fonciers (location vide) ne sont-ils pas touchés par la hausse à 18,6 % ?
Les revenus fonciers — ceux que perçoivent les bailleurs de logements nus — sont des revenus du patrimoine, distincts des revenus BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux — le régime fiscal des locations meublées). La LFSS 2026 a ciblé uniquement les revenus BIC. Les revenus fonciers restent à 17,2 % de prélèvements sociaux, tout comme les plus-values immobilières lors d'une vente (article L. 136-6 du Code de la sécurité sociale — legifrance.gouv.fr — PAP.fr, propriétaires-vous-echapperez-a-la-hausse-de-la-csg-en-2026-sauf-si/a29229).
La fraction déductible de la CSG augmente-t-elle avec le passage à 18,6 % ?
Non. La fraction déductible de la CSG reste fixée à 6,8 % par l'article 154 quinquies I du CGI (Code général des impôts — legifrance.gouv.fr). Sur 10,6 % de CSG désormais prélevée, seuls 6,8 % sont déductibles de votre revenu imposable de l'année suivante. Les 3,8 % restants — contre 2,4 % auparavant — constituent un surcoût net définitif. L'administration fiscale pré-remplit automatiquement cette déduction dans votre déclaration de revenus de l'année suivante.
Si mon bénéfice BIC LMNP est de zéro grâce à l'amortissement, paie-je quand même 18,6 % ?
Non. Les prélèvements sociaux sont calculés sur le bénéfice BIC net, après application du régime fiscal choisi. Si vos charges déductibles et vos amortissements (la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration — souvent plusieurs milliers d'euros par an) ramènent votre bénéfice à zéro au régime réel, les prélèvements sociaux sont nuls — que le taux soit 17,2 % ou 18,6 %. C'est l'un des principaux avantages du LMNP au régime réel (article 39 C du CGI — legifrance.gouv.fr — BOFiP BOI-BIC-AMT-10-40 — bofip.impots.gouv.fr).
Comment comparer le coût fiscal total d'une location meublée et d'une location nue en 2026 ?
Pour 8 000 € de revenus nets à TMI 30 % (taux marginal d'imposition — la tranche la plus haute de votre barème d'imposition) : location nue (revenus fonciers) = 30 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux = 47,2 % de charge totale, soit 3 776 €. LMNP au micro-BIC = 30 % d'IR + 18,6 % = 48,6 %, soit 3 888 €. LMNP au régime réel avec amortissement ramenant le BIC à zéro = 0 % de charge totale. C'est ce dernier scénario qui rend le LMNP structurellement attractif pour les contribuables à TMI 30 % et plus.

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