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LMNP ou LMP en 2026 : le seuil qui change tout

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Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·15 mai 2026

Vous touchez 28 000 € de loyers meublés par an et vous avez toujours coché « LMNP » sur votre déclaration. Peut-être à juste titre — mais si vos revenus de location représentent plus de la moitié des revenus de votre foyer et que vous y consacrez l'essentiel de votre temps, vous avez peut-être basculé en LMP (Loueur en Meublé Professionnel) sans le savoir. LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé) et LMP ne se distinguent pas par une déclaration volontaire : ils résultent de conditions légales que l'administration vérifie. Ce que ça change : vos charges sociales, votre IFI et la façon dont vos pertes sont traitées. Voici les trois critères exacts — et pourquoi la hausse des prélèvements sociaux LMNP à 18,6 % en 2026 change le calcul.

Les trois conditions cumulatives du LMP

L'article 155 IV du CGI (Code général des impôts — c'est le texte officiel qui fixe la règle) définit le LMP par trois conditions qui doivent toutes être remplies simultanément au cours de l'année.

1.
Recettes meublées supérieures à 23 000 €

Le total des recettes TTC de toutes vos locations meublées (loyers perçus + charges récupérées) dépasse 23 000 € dans l'année civile.

2.
Ces recettes dépassent 50 % des revenus du foyer fiscal

Les recettes meublées doivent être supérieures à la somme des autres revenus du foyer : salaires, pensions, revenus fonciers, dividendes, BIC d'autres activités.

3.
L'activité constitue la profession principale du foyer

L'un des membres du foyer fiscal doit exercer l'activité de loueur en meublé à titre principal — ce qui implique qu'elle occupe la part prépondérante de son temps de travail.

En pratique, les deuxième et troisième conditions écartent la quasi-totalité des investisseurs salariés. Un cadre touchant 65 000 € de salaire annuel avec 28 000 € de loyers meublés ne remplit pas la condition 2 (28 000 < 65 000). Il reste LMNP même avec des recettes confortables — et il n'y a pas lieu de s'en inquiéter.

Charges sociales : 18,6 % en LMNP, davantage en LMP

En LMNP, vos revenus meublés relèvent des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Depuis le 1er janvier 2026 (LFSS 2026 art. 12 — legifrance.gouv.fr), le taux est de 18,6 % sur votre bénéfice BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux — le cadre fiscal de la location meublée) net. Si ce bénéfice est nul grâce à l'amortissement (la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration — souvent plusieurs milliers d'euros par an), les prélèvements sociaux sont nuls eux aussi.

En LMP, vous sortez du régime des prélèvements sociaux. Votre activité est assujettie aux cotisations des indépendants (SSI — Sécurité Sociale des Indépendants, anciennement RSI), calculées sur votre bénéfice professionnel. Le taux global avoisine 35 à 45 % du bénéfice net, selon sa composition (maladie, retraite de base, retraite complémentaire). Une cotisation minimum s'applique même si le bénéfice est nul — de l'ordre de 1 200 à 1 800 € par an. Ces cotisations ouvrent des droits à la retraite et à l'assurance maladie, ce que les prélèvements sociaux LMNP ne font pas (BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40 — bofip.impots.gouv.fr).

Sur 28 000 € de bénéfice BIC net, l'écart est significatif : 5 208 € en LMNP (18,6 %) contre environ 9 800 à 12 600 € en LMP (35–45 %). Le statut LMP est socialement plus coûteux — sauf à avoir un bénéfice ramené à zéro par l'amortissement, auquel cas seule la cotisation minimum SSI reste due.

L'amortissement neutralise les prélèvements sociaux LMNP. En LMNP au régime réel, si votre bénéfice BIC est ramené à zéro par les charges et l'amortissement, les 18,6 % de prélèvements sociaux s'appliquent sur une assiette nulle — soit 0 € de prélèvements. C'est l'une des raisons pour lesquelles le régime réel reste très attractif pour les LMNP à TMI 30 % et plus.

IFI et déficits : les deux avantages structurels du LMP

Si le LMP coûte davantage en charges sociales, il offre deux avantages que le LMNP ne peut pas égaler.

L'exonération d'IFI. L'article 975 du CGI prévoit que les biens affectés à une activité professionnelle principale ne sont pas inclus dans l'assiette de l'IFI (impôt sur la fortune immobilière — le prélèvement annuel sur les patrimoines immobiliers nets dépassant 1 300 000 €). En LMP, votre activité est reconnue comme professionnelle : les logements que vous louez peuvent être classés comme biens professionnels et sortir de l'assiette IFI. Sur un patrimoine meublé de 1 500 000 €, l'économie annuelle peut dépasser 4 000 €. Cette exonération est annuelle : elle s'applique uniquement les années où les trois conditions LMP sont simultanément remplies (article 975 du CGI — legifrance.gouv.fr).

Les déficits sans plafond. En LMNP, le déficit imputable sur votre revenu global est limité à 10 700 € par an (article 156 I du CGI). En LMP, les déficits professionnels sont imputables sur l'ensemble de vos revenus sans plafond. Si des travaux importants génèrent un déficit de 35 000 € une année donnée, vous l'imputez intégralement sur votre revenu imposable global — pas seulement 10 700 €.

CritèreLMNPLMP
Charges sociales18,6 % (prélèvements sociaux)35–45 % (cotisations SSI)
Déficit imputable sur revenu global10 700 €/anIllimité
IFI sur les biens louésInclus (si patrimoine > 1,3 M€)Exempté (si pro principal)
Plus-values de cessionRégime des particuliersArt. 151 septies (exonération possible après 5 ans)
Droits retraite / maladieNonOui (SSI)

Quand le LMP devient-il intéressant ?

Pour un investisseur salarié qui détient un ou deux appartements meublés et bénéficie du régime réel avec amortissement, le LMP coûte plus cher socialement sans apporter d'avantage compensateur — surtout si le patrimoine immobilier est inférieur à 1 300 000 € et que l'IFI n'est pas en jeu.

Le LMP prend de l'intérêt dans deux situations précises. La première : le patrimoine immobilier meublé dépasse 1 300 000 € net et l'IFI représente une charge annuelle significative. L'exonération LMP peut alors valoir plusieurs milliers d'euros par an, compensant largement le surcoût des cotisations SSI. La deuxième : une année de travaux importants génère un déficit supérieur à 10 700 € que vous souhaitez imputer intégralement sur vos autres revenus pour réduire immédiatement votre impôt.

Dans les deux cas, le passage en LMP doit résulter naturellement des trois conditions légales — pas d'une optimisation artificielle. Si vous y remplissez involontairement les conditions, mieux vaut le savoir pour sécuriser vos déclarations sociales et fiscales. Si vous cherchez à y accéder délibérément, un conseiller en gestion de patrimoine peut vérifier la cohérence de votre situation.

Pour savoir si votre niveau de loyers meublés vous rapproche du seuil LMP — et mesurer l'impact concret sur votre IFI et vos déficits —, notre simulateur intègre les deux statuts. Simuler votre situation LMNP.

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Questions frequentes

Quelle est la différence entre LMNP et LMP ?
Le LMNP (loueur en meublé non professionnel) et le LMP (Loueur en Meublé Professionnel) ne sont pas des choix déclaratifs — ils résultent des conditions légales de l'article 155 IV du CGI (Code général des impôts — legifrance.gouv.fr). En LMNP, vos revenus meublés sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis 2026). En LMP, votre activité est traitée comme une profession : vous cotisez à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants), vous ouvrez des droits à la retraite, et vos biens loués peuvent être exemptés d'IFI.
Les trois conditions du LMP sont-elles cumulatives ?
Oui. Il faut simultanément : (1) des recettes meublées supérieures à 23 000 € par an, (2) ces recettes représentant plus de 50 % des revenus du foyer fiscal, et (3) l'activité constituant la profession principale d'un membre du foyer. Si une seule de ces conditions n'est pas remplie — par exemple si votre salaire dépasse vos loyers meublés —, vous restez LMNP, quelle que soit la somme de vos recettes (article 155 IV du CGI — legifrance.gouv.fr).
En LMP, qu'est-ce que je paie à la place des prélèvements sociaux ?
En LMP, vous cotisez à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) sur votre bénéfice professionnel. Le taux global est d'environ 35 à 45 % du bénéfice net. Une cotisation minimum s'applique même si le bénéfice est nul, de l'ordre de 1 200 à 1 800 € par an. Ces cotisations ouvrent des droits à la retraite et à l'assurance maladie — ce que les prélèvements sociaux LMNP ne font pas (BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40 — bofip.impots.gouv.fr).
Le statut LMP exonère-t-il automatiquement d'IFI ?
Non, pas automatiquement. L'article 975 du CGI prévoit que les biens affectés à une activité professionnelle principale peuvent être exemptés d'IFI. En LMP, si les trois conditions de l'article 155 IV sont réunies chaque année et que l'activité est votre profession principale, les logements meublés peuvent être classés comme biens professionnels. Cette qualification doit être vérifiée annuellement : si vous perdez le statut LMP une année donnée, vos biens réintègrent l'assiette IFI (article 975 du CGI — legifrance.gouv.fr).
Si mes loyers dépassent 23 000 € mais que je suis salarié, suis-je LMP ?
Probablement pas. La deuxième condition LMP exige que les recettes meublées dépassent 50 % des revenus du foyer fiscal. Si vous êtes cadre avec 65 000 € de salaire et 28 000 € de loyers meublés, votre salaire représente environ 70 % des revenus du foyer — et vous restez LMNP, quelle que soit la somme de vos recettes meublées. Le LMP est structurellement difficile à atteindre pour les salariés à temps plein à revenu élevé (service-public.fr — fiche Loueur en meublé non professionnel).

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