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Censi-Bouvard : les 9 ans se terminent, vendre ou garder ?

Lecture 5 min
Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·

Vous avez acheté un studio en résidence étudiante en 2016 ou 2017 avec le dispositif Censi-Bouvard, et signé pour neuf ans de location via un bail commercial (le contrat qui vous lie, non pas à un locataire, mais à l'exploitant de la résidence). Cette échéance tombe justement en 2025 ou 2026 pour vous : le compte à rebours de neuf ans démarre à la mise en location, pas à la signature de l'achat. Une fois les neuf ans passés, vous ne devez plus rien à personne — mais deux décisions, vendre ou garder, ont chacune des conséquences fiscales très différentes selon le type de résidence. Voici ce qui change concrètement à l'échéance.

Pourquoi précisément neuf ans, et pourquoi maintenant

Le dispositif Censi-Bouvard, prévu à l'article 199 sexvicies du Code général des impôts (CGI — le texte officiel qui fixe la règle — legifrance.gouv.fr), a ouvert droit à une réduction d'impôt aux particuliers ayant acquis un logement neuf en résidence de services, en contrepartie d'un engagement de location d'au moins neuf ans auprès de l'exploitant. La fenêtre d'éligibilité dépend du type de résidence : elle a couru jusqu'au 31 décembre 2022 pour les résidences étudiantes, seniors et EHPAD, mais seulement jusqu'au 31 décembre 2016 pour les résidences de tourisme classées, avec une tolérance jusqu'au 31 mars 2017 pour les réservations déjà signées (BOFiP ACTU-2017-00140, bofip.impots.gouv.fr). La réduction s'élevait à 11 % du prix d'acquisition pour les achats réalisés à partir de 2012 — le taux applicable à la majorité des dossiers encore actifs aujourd'hui — plafonné à 300 000 €, et étalée à raison d'un neuvième par an sur la durée de l'engagement. Le compte à rebours démarre selon les termes de votre engagement de location, généralement à la mise en location effective du bien : vérifiez la date exacte sur votre engagement de location. Pour un studio livré et loué début 2017, les neuf ans se terminent donc début 2026.

Ce que vous n'avez pas pu déduire pendant ces neuf ans

Pendant toute la durée de l'engagement, la partie du prix d'achat inférieure à 300 000 € — celle qui a servi de base à votre réduction d'impôt — n'a pas pu faire l'objet d'un amortissement (la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration, souvent plusieurs milliers d'euros par an). Seule la fraction du prix dépassant ce plafond de 300 000 € — rare pour un studio en résidence étudiante ou senior, plus fréquente pour certains lots en résidence de tourisme — pouvait être amortie chaque année, en application de la règle de non-cumul propre au dispositif (BOI-IR-RICI-220, bofip.impots.gouv.fr). C'est la contrepartie du mécanisme : la réduction d'impôt et l'amortissement ne se cumulent pas sur la même base.

Exemple chiffré : un studio en résidence étudiante acheté 120 000 € en 2016 a ouvert droit à une réduction de 13 200 € (11 % de 120 000 €), versée à raison de 1 467 € par an sur les neuf déclarations 2017 à 2025. Sur ces neuf ans, aucun amortissement n'a réduit vos loyers imposables : le prix d'achat étant intégralement sous le plafond de 300 000 €, rien n'était amortissable.

À l'échéance : vendre ou garder, deux fiscalités différentes

Une fois les neuf ans révolus, vendre ne déclenche plus aucune reprise de la réduction d'impôt : celle-ci vous reste définitivement acquise, quelle que soit la date de revente. Sur l'exemple ci-dessus, si le studio se revend 135 000 €, la plus-value brute est de 15 000 € — sans réintégration d'amortissements, puisqu'aucun n'a été pratiqué. Les abattements pour durée de détention (article 150 VC du CGI) s'appliquent normalement : à neuf ans de détention, quatre années dépassent le seuil de la 5e année, soit 24 % d'abattement pour l'impôt sur le revenu et environ 6,6 % pour les prélèvements sociaux.

Si vous gardez le bien et poursuivez la location au-delà des neuf ans, la situation s'inverse : l'intégralité du prix d'acquisition — y compris la part qui a servi de base à la réduction d'impôt — devient amortissable selon les règles normales du régime réel, ce qui réduit vos revenus locatifs imposables pour les années suivantes. C'est un vrai gain, mais il a une contrepartie à la revente : si votre résidence relève de l'exclusion prévue au III de l'article 150 VB du CGI — résidences étudiantes et seniors répondant aux conditions des articles L.631-12 et L.631-13 du Code de la construction et de l'habitation, ou EHPAD (établissements mentionnés au 6° ou 7° du I de l'article L.312-1 du Code de l'action sociale et des familles) — ces amortissements futurs ne seront jamais réintégrés dans votre plus-value, même en cas de revente des années plus tard. Pour une résidence de tourisme classée, en revanche, cette exclusion ne s'applique pas : les amortissements pratiqués après la fin de l'engagement seront réintégrés au moment de la revente, comme pour n'importe quel LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé) au régime réel.

À l'échéance des 9 ansVendreGarder et continuer
Réduction d'impôt déjà perçueDéfinitivement acquiseDéfinitivement acquise
Amortissement sur le bienSans objetIntégralité du prix amortissable dès l'année 10
Réintégration à une revente ultérieureAucune (aucun amortissement pratiqué)Non si étudiante/senior/EHPAD, oui si tourisme classée

Et le bail commercial dans tout ça

La fin de l'engagement fiscal ne met pas fin au bail commercial signé avec l'exploitant : ce contrat suit son propre calendrier, généralement lui aussi conclu pour neuf ans, avec un droit au renouvellement pour l'exploitant à l'échéance. Vendre ou garder ne change rien à cette obligation : le nouvel acquéreur, comme vous si vous gardez le bien, reste tenu par le bail en cours jusqu'à son terme ou son renouvellement. Notre guide sur l'immobilier géré détaille comment ce bail est renégocié à l'échéance.

Vendre sans risque de reprise, ou garder pour amortir enfin l'intégralité du bien : le bon choix dépend surtout du type de résidence et de votre horizon de détention. Notre guide sur la revente en LMNP détaille les étapes du dossier. Pour comparer les deux scénarios sur votre bien précis, simulez votre revente LMNP.

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Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je revends mon bien Censi-Bouvard avant la fin des 9 ans ?
L'administration fiscale reprend l'intégralité de la réduction d'impôt perçue depuis l'acquisition, en application du III de l'article 199 sexvicies du Code général des impôts (CGI — le texte officiel qui fixe la règle — legifrance.gouv.fr). Des exceptions existent en cas d'invalidité de 2e ou 3e catégorie (article L.341-4 du Code de la sécurité sociale), de licenciement ou de décès du contribuable ou de son conjoint soumis à imposition commune.
Quel est le taux de réduction d'impôt Censi-Bouvard et jusqu'à quand pouvait-on investir ?
Le dispositif, prévu à l'article 199 sexvicies du CGI, a ouvert droit à une réduction d'impôt pour les logements neufs en résidence de services. La fenêtre d'éligibilité dépend du type de résidence : elle a couru jusqu'au 31 décembre 2022 pour les résidences étudiantes, seniors et EHPAD, mais seulement jusqu'au 31 décembre 2016 pour les résidences de tourisme classées, avec une tolérance jusqu'au 31 mars 2017 pour les réservations déjà signées (BOFiP ACTU-2017-00140, bofip.impots.gouv.fr). Le taux était de 25 % pour les acquisitions 2009-2010, 18 % en 2011, puis 11 % à partir de 2012 — le taux applicable à la majorité des dossiers encore en cours aujourd'hui. La réduction est calculée sur le prix d'acquisition plafonné à 300 000 € et étalée à raison d'un neuvième par an sur les 9 années de l'engagement.
Une fois les 9 ans Censi-Bouvard passés, puis-je amortir mon bien ?
Oui, si vous conservez le bien en location meublée au régime réel. Pendant l'engagement, seule la fraction du prix dépassant 300 000 € pouvait être amortie ; la part ayant servi de base à la réduction d'impôt ne l'était pas, en application de la règle de non-cumul propre au dispositif (BOI-IR-RICI-220, bofip.impots.gouv.fr). Une fois les 9 ans révolus, l'intégralité du prix d'acquisition devient amortissable selon les règles générales du régime réel (article 39 C du CGI — legifrance.gouv.fr), ce qui réduit vos revenus locatifs imposables pour les années suivantes.
Les amortissements pratiqués après la fin de l'engagement Censi-Bouvard sont-ils réintégrés à la revente ?
Cela dépend du type de résidence. Pour les résidences étudiantes et seniors répondant aux conditions des articles L.631-12 et L.631-13 du Code de la construction et de l'habitation, et pour les EHPAD (établissements mentionnés au 6° ou 7° du I de l'article L.312-1 du Code de l'action sociale et des familles), l'exclusion prévue au III de l'article 150 VB du CGI s'applique : aucune réintégration, quelle que soit la date de la revente. Pour les résidences de tourisme classée, cette exclusion ne s'applique pas : tous les amortissements pratiqués, avant ou après le 15 février 2025, sont réintégrés dans le calcul de la plus-value dès lors que la revente intervient à compter du 15 février 2025 (article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, qui a créé le III de l'article 150 VB du CGI — legifrance.gouv.fr).
La fin de mon engagement Censi-Bouvard met-elle fin à mon bail commercial avec l'exploitant ?
Non, ce sont deux calendriers distincts. L'engagement fiscal de 9 ans et le bail commercial signé avec l'exploitant suivent chacun leur propre durée — le bail commercial est généralement, lui aussi, conclu pour 9 ans, avec un droit au renouvellement pour l'exploitant. Que vous vendiez ou conserviez le bien, le nouvel acquéreur ou vous-même restez tenu par le bail en cours jusqu'à son terme ou son renouvellement.