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LMNP : qui calcule vos amortissements à la revente ?

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Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·

Vous vendez un studio loué en meublé depuis neuf ans, et le notaire vous demande le montant total des amortissements — la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration, souvent plusieurs milliers d'euros par an — que vous avez déduits depuis l'achat. Un chiffre que vous n'avez sans doute jamais eu à calculer vous-même. Si vous le transmettez de travers, ou si vous l'oubliez, c'est vous, pas le notaire, qui restez responsable devant l'administration fiscale, avec un redressement possible plusieurs années après la vente. Voici où trouver ce montant, comment le notaire l'utilise pour calculer votre impôt de plus-value, et ce qui se passe si le chiffre transmis est faux.

Le notaire ne calcule pas vos amortissements, il les reçoit de vous

Pour toute vente réalisée à compter du 15 février 2025 — quelle que soit la date d'acquisition du bien — (article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 — legifrance.gouv.fr), le notaire remplit une déclaration de plus-value immobilière — l'imprimé Cerfa n° 2048-IMM — qu'il dépose dans le mois suivant l'acte, en réglant directement l'impôt sur le prix de vente (notice N° 2048-IMM-NOT-SD, impots.gouv.fr). Depuis cette réforme, ce formulaire comporte une ligne dédiée — la ligne 25 — pour les biens loués en meublé et imposés au régime réel des BIC (bénéfices industriels et commerciaux — le cadre fiscal de la location meublée quand vous déduisez vos charges et amortissements au lieu d'appliquer un forfait) : le montant des amortissements du prix d'acquisition admis en déduction pendant la période de location vient diminuer le prix d'achat retenu pour le calcul de la plus-value.

Le notaire n'a aucun accès à votre comptabilité BIC. Il renseigne la ligne 25 avec le chiffre que vous, ou votre comptable, lui transmettez — le plus souvent via l'acte ou une attestation jointe au dossier de vente. S'il ne reçoit aucun montant, il ne peut ni le deviner ni le vérifier lui-même.

Ligne 25, précise la notice officielle, ne concerne que les amortissements du prix d'acquisition lui-même — pas ceux calculés sur des travaux de construction, reconstruction ou agrandissement, qui suivent une règle séparée (ligne 23). Et elle ne s'applique pas aux loueurs imposés au micro-BIC (le régime simplifié sans amortissement, où l'administration applique un abattement forfaitaire) : sans amortissement déduit, il n'y a rien à réintégrer.

Où retrouver le montant exact de vos amortissements passés

Ce chiffre ne figure sur aucun document que vous recevez spontanément chaque année. Il se reconstitue à partir de votre liasse fiscale — les formulaires 2031 et 2033, déposés chaque année avec votre déclaration de résultat BIC — où un tableau des immobilisations et amortissements détaille, poste par poste, ce qui a été déduit depuis l'achat. Si vous avez changé de comptable en cours de route, ou tenu votre comptabilité vous-même certaines années, il faut parfois rassembler plusieurs déclarations pour reconstituer le total. Avant votre rendez-vous chez le notaire, demandez à votre expert-comptable un récapitulatif écrit du montant cumulé — c'est ce document, et non une estimation approximative, qui doit servir de base à la ligne 25.

Combien ça change concrètement

Prenons un studio acheté 150 000 €, sans gros travaux, détenu 9 ans et revendu 185 000 €, avec 36 000 € d'amortissements du prix d'acquisition cumulés sur la période.

Prix d'acquisition retenu (lignes 20 à 25)

150 000 € d'achat + 11 250 € de frais d'acquisition (forfait de 7,5 %, ligne 22) − 36 000 € d'amortissements réintégrés (ligne 25) = 125 250 €.

Plus-value brute

185 000 € − 125 250 € = 59 750 €.

Après abattement pour durée de détention (9 ans)

24 % pour l'impôt sur le revenu et 6,60 % pour les prélèvements sociaux (barème officiel de la notice 2048-IMM-NOT-SD). L'impôt dû s'élève à environ 8 630 € (19 %) + 9 600 € (17,2 %), soit environ 18 200 € au total.

Sans la réintégration (avant la réforme, ou résidence exemptée)

La plus-value brute ne serait que de 23 750 €, pour un impôt total d'environ 7 250 € — un écart d'environ 11 000 € dû uniquement à la ligne 25.

Exemple illustratif : le montant réel de vos amortissements dépend de votre prix d'achat, de la répartition entre bâti et mobilier, et de vos dates de mise en location.

Que se passe-t-il si le chiffre transmis est faux

Le notaire remplit la déclaration à partir des éléments que vous lui fournissez ; il n'est pas responsable de leur exactitude comptable. Si le montant d'amortissements retenu se révèle erroné — trop bas comme trop élevé — l'administration fiscale conserve un droit de reprise général de trois ans, expirant le 31 décembre de la troisième année suivant celle de la vente (article L.169 du Livre des procédures fiscales — legifrance.gouv.fr). Le droit à l'erreur issu de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 (dite loi ESSOC) s'applique aussi à ce type de correction : un contribuable de bonne foi peut régulariser une erreur sans pénalité, mais encore faut-il la corriger avant que l'administration ne la détecte elle-même.

Certaines résidences n'ont pas cette ligne à remplir

La notice précise que la ligne 25 ne se remplit pas pour les biens situés dans certaines résidences étudiantes, dans les établissements pour personnes âgées ou handicapées, ou dans les établissements de soins de longue durée listés par le texte. Notre guide sur la plus-value en LMNP détaille la liste complète des résidences concernées — la différence entre une résidence étudiante exemptée et une résidence de tourisme qui ne l'est pas, par exemple, ne se voit pas toujours au premier coup d'œil sur le bail.

Un chiffre mal préparé le jour de la signature ne se rattrape pas facilement une fois l'acte publié. Estimez la fiscalité de votre revente avec vos propres chiffres — prix d'achat, amortissements cumulés, durée de détention — avant votre rendez-vous chez le notaire, pour arriver avec le bon montant plutôt que de le découvrir sur l'acte.

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Questions fréquentes

Comment le notaire connaît-il le montant de mes amortissements LMNP ?
Il ne le connaît pas par lui-même : il n'a aucun accès à votre comptabilité BIC (bénéfices industriels et commerciaux — le cadre fiscal de la location meublée). Depuis la réforme entrée en vigueur pour toute vente réalisée à compter du 15 février 2025 — quelle que soit la date d'acquisition du bien — (article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 — legifrance.gouv.fr), le notaire remplit la déclaration de plus-value immobilière (Cerfa 2048-IMM, notice N° 2048-IMM-NOT-SD — impots.gouv.fr), qui comporte une ligne 25 dédiée aux amortissements du prix d'acquisition déduits en LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé) au régime réel. Le montant à inscrire ligne 25 lui est transmis par le vendeur ou son comptable ; il ne le vérifie pas de manière indépendante.
Où trouver le montant exact de mes amortissements déduits depuis l'achat ?
Ce chiffre se reconstitue à partir de votre liasse fiscale — les formulaires 2031 et 2033, déposés chaque année avec votre déclaration de résultat BIC (bénéfices industriels et commerciaux) — où un tableau des immobilisations et amortissements détaille, poste par poste, les montants déduits depuis l'achat. Si vous avez changé de comptable ou tenu votre comptabilité vous-même certaines années, il faut parfois rassembler plusieurs déclarations pour reconstituer le total. Le bon réflexe avant un rendez-vous chez le notaire est de demander à votre expert-comptable un récapitulatif écrit du montant cumulé, plutôt que de transmettre une estimation approximative.
Que se passe-t-il si le montant transmis au notaire est faux ?
Le notaire remplit la déclaration à partir des éléments que vous lui fournissez et n'est pas responsable de leur exactitude comptable : la responsabilité reste au vendeur. Si le montant d'amortissements retenu se révèle erroné, l'administration fiscale conserve un droit de reprise général de trois ans, expirant le 31 décembre de la troisième année suivant celle de la vente (article L.169 du Livre des procédures fiscales — legifrance.gouv.fr). Le droit à l'erreur issu de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 (dite loi ESSOC) s'applique aussi à ce type de correction : un contribuable de bonne foi peut régulariser une erreur sans pénalité, à condition de la corriger avant que l'administration ne la détecte elle-même.
Les loueurs au micro-BIC sont-ils concernés par la ligne 25 du formulaire de plus-value ?
Non. La ligne 25 de la déclaration de plus-value immobilière (Cerfa 2048-IMM, notice N° 2048-IMM-NOT-SD, version 05-2026 — impots.gouv.fr) ne concerne que les biens loués en meublé imposés au régime réel des BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Au micro-BIC (le régime simplifié où l'administration applique un abattement forfaitaire au lieu de déduire des charges et amortissements réels), aucun amortissement n'est individuellement déduit chaque année : il n'y a donc rien à réintégrer à la revente, et cette ligne reste vide.
Quelles résidences échappent à la réintégration des amortissements sur la ligne 25 ?
La notice du formulaire Cerfa 2048-IMM (N° 2048-IMM-NOT-SD — impots.gouv.fr), qui reprend l'exemption prévue au III de l'article 150 VB du Code général des impôts (CGI — le texte officiel qui fixe la règle — legifrance.gouv.fr), précise que la ligne 25 ne se remplit pas pour les biens situés dans une résidence étudiante ou de jeunes actifs réservée à ce public (articles L.631-12 et L.631-13 du Code de la construction et de l'habitation), dans un établissement pour personnes âgées ou handicapées mentionné aux 6° ou 7° du I de l'article L.312-1 du Code de l'action sociale et des familles (CASF) ou dans un accueil familial salarié (articles L.444-1 à L.444-9 du même code), ou dans un établissement de soins de longue durée (article L.6143-5 du Code de la santé publique). Une résidence de tourisme ou d'affaires n'entre dans aucune de ces catégories : ses propriétaires renseignent la ligne 25 comme n'importe quel bien loué en meublé au régime réel.