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LMNP : ce que dit vraiment le rapport parlementaire

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Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·

Sur un studio meublé de 120 000 €, l'amortissement — la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration, souvent plusieurs milliers d'euros par an — en LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé) au régime réel peut effacer la quasi-totalité des loyers imposables chaque année. C'est ce mécanisme que plusieurs analystes patrimoniaux estiment aujourd'hui fragilisé : le 15 juillet 2026, une commission d'enquête de l'Assemblée nationale a rendu public un rapport qui pointe les niches fiscales permettant à des contribuables aisés de ramener leur impôt à un niveau très faible — un rapport que ces commentateurs relient à l'amortissement du meublé, sans que le texte ne le cite nommément. Rien n'est voté à ce stade — voici ce que contient réellement ce rapport, ce qu'en disent les analystes, et ce qu'il changerait, si le gouvernement ou le Parlement s'en saisissaient.

D'où vient ce rapport

La commission d'enquête relative à l'imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés a été créée par l'Assemblée nationale le 17 février 2026, à l'initiative du groupe Liot. Présidée par le député Jean-Paul Mattei, avec Charles de Courson comme rapporteur, elle a adopté son rapport le 8 juillet 2026 (rapport n° 3056, assemblee-nationale.fr) et l'a rendu public le 15 juillet, conformément au délai fixé par le règlement de l'Assemblée. Son objet : dresser un état des lieux de la fiscalité qui pèse réellement sur les patrimoines et les revenus les plus élevés, et recenser les dispositifs qui permettent d'y échapper en partie.

Un rapport de commission d'enquête n'a aucune force juridique par lui-même : il ne modifie aucune règle. C'est un travail d'évaluation destiné à nourrir de futurs débats budgétaires — typiquement, un projet de loi de finances. Pour qu'une de ses recommandations s'applique, il faudrait qu'un texte de loi la reprenne, soit voté, puis promulgué.

Ce que le rapport reproche aux niches fiscales des hauts patrimoines

Le rapport relève que 13 000 foyers assujettis à l' impôt sur la fortune immobilière (IFI) n'ont payé aucun impôt sur le revenu en 2024, et qu'environ deux tiers d' entre eux doivent cette situation à des réductions et crédits d'impôt cumulés. Charles de Courson y défend une ligne générale : recentrer les régimes dérogatoires qui s' écartent le plus de la réalité économique qu'ils sont censés refléter. Sur l'immobilier, le rapport ouvre plusieurs pistes, dont l'indexation de l'IFI sur l'inflation et le plafonnement de l'abattement sur la résidence principale.

C'est dans ce cadre que plusieurs analystes patrimoniaux, dont Le Blog Patrimoine et L'Immo Clé en Main, ont relayé dès le 20 juillet 2026 la lecture qu'ils font du rapport sur le régime du meublé : l'amortissement, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, ne correspondrait pas toujours à une perte de valeur réelle du bien — un immeuble bien entretenu en centre-ville se déprécie rarement au même rythme que le calcul comptable appliqué par les loueurs en meublé. Ces commentateurs y voient un signal que la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value à la revente, déjà actée depuis 2025, pourrait n'être qu'une première étape avant un encadrement plus strict des durées ou des taux d'amortissement pratiqués en LMNP. Le rapport lui-même ne fixe aucun taux ni aucune durée précise : il s'agit d'une piste de réflexion, pas d'un barème chiffré.

Point de vigilance : ce rapport ne change aucune règle applicable à votre déclaration 2026. Il alimente un débat qui pourrait, ou non, se traduire dans un futur projet de loi de finances. Aucun calendrier n'est annoncé à ce stade.

Ce que l'amortissement change concrètement aujourd'hui

Pour mesurer ce qui est en jeu, prenons un exemple simple. Vous achetez un studio meublé 120 000 € (dont 100 000 € pour le bâti, hors terrain) et le louez 7 200 € par an. Au régime réel, vous amortissez le bâti sur une durée usuelle d'environ 30 ans, soit 3 333 € d'amortissement déductible chaque année, auxquels s'ajoutent l'amortissement du mobilier et les charges réelles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, frais de gestion). Dans bien des cas, la somme de ces déductions ramène le résultat imposable à zéro pendant une dizaine d'années. Un allongement des durées d'amortissement — l'une des pistes évoquées par les commentateurs du rapport — réduirait mécaniquement ce montant déductible chaque année, sans changer le prix du bien ni son financement.

ScénarioDurée d'amortissement du bâtiAmortissement déductible par an
Régime réel actuel≈ 30 ans3 333 €
Si la durée était allongée à 45 ans (hypothèse illustrative)≈ 45 ans2 222 €

Sur cet exemple, un allongement hypothétique de 30 à 45 ans réduirait l'amortissement annuel déductible d'environ 1 100 €, ce qui augmenterait d'autant le résultat imposable si les autres charges restent stables. Ce chiffre est une illustration du mécanisme, pas une hypothèse retenue par le rapport : aucune durée précise n'y est proposée à ce stade. Il montre simplement pourquoi la durée d'amortissement est un levier aussi sensible que le taux lui-même pour l' équilibre fiscal d'un investissement en meublé.

Faut-il changer votre stratégie maintenant

Non. Ce rapport n'est pas une loi, ni même un projet de loi. Il s'inscrit dans une série de travaux parlementaires — la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value, votée dans la loi de finances pour 2025, en est un exemple concret de piste qui a fini par être adoptée après avoir été débattue pendant plusieurs mois. Mais rien ne garantit qu'une recommandation de ce rapport d'enquête soit reprise, ni sous quelle forme. Ce qui est certain, c'est que le régime réel du LMNP reste, à ce jour, l'un des régimes les plus favorables pour un investissement locatif meublé.

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Questions fréquentes

Le rapport de l'Assemblée nationale sur l'amortissement LMNP est-il déjà appliqué ?
Non. Un rapport de commission d'enquête n'a aucune force juridique par lui-même : il ne modifie aucune règle fiscale. Pour que l'une de ses pistes s'applique, il faudrait qu'un texte de loi — typiquement un projet de loi de finances — la reprenne, soit débattu, voté puis promulgué. Aucun calendrier n'est annoncé à ce stade.
Qu'est-ce que la commission d'enquête sur les hauts patrimoines à l'Assemblée nationale ?
C'est une commission créée le 17 février 2026 à l'initiative du groupe Liot, présidée par le député Jean-Paul Mattei, avec Charles de Courson comme rapporteur. Elle a pour objet d'évaluer la fiscalité réelle des patrimoines et des revenus les plus élevés. Son rapport (n° 3056) a été adopté le 8 juillet 2026 et rendu public le 15 juillet 2026.
Le rapport fixe-t-il un nouveau taux ou une nouvelle durée d'amortissement pour le LMNP ?
Non, pas de chiffre précis. Le rapport ouvre une piste de réflexion sur le fait que l'amortissement pratiqué en location meublée ne correspond pas toujours à la perte de valeur réelle du bien, mais il ne propose ni taux unique ni durée d'amortissement chiffrée. Les analyses parues le 20 juillet 2026 dans la presse patrimoniale évoquent un possible allongement des durées, sans qu'aucun chiffre figure dans le rapport lui-même.
Ce rapport a-t-il un lien avec la réintégration des amortissements dans la plus-value LMNP ?
Oui, dans son esprit. La réintégration des amortissements déduits dans le calcul de la plus-value à la revente, votée dans la loi de finances pour 2025, est citée par les commentateurs du rapport comme un premier resserrement du régime du meublé. Le rapport de la commission d'enquête s'inscrit dans la continuité de ce mouvement, sans pour autant proposer de mesure chiffrée sur l'amortissement annuel.
Faut-il renoncer à investir en LMNP au régime réel à cause de ce rapport ?
Non, rien ne le justifie à ce stade. Le régime réel du LMNP reste, à la date de publication de cet article, l'un des régimes les plus favorables pour un investissement locatif meublé, avec les règles d'amortissement actuellement en vigueur. Ce rapport n'est qu'une piste de réflexion parmi d'autres évoquées dans le débat sur la fiscalité du patrimoine.

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