Vous louez un studio meublé 650 € par mois, avec un bail signé en mai 2025 — révision annuelle prévue au deuxième trimestre. L'IRL — l'indice de référence des loyers, le baromètre trimestriel que publie l'INSEE (l'Institut national de la statistique et des études économiques) — s'établit à 148,37 pour le 2ᵉ trimestre 2026, en hausse de 1,15 % sur un an, contre +0,78 % seulement au trimestre précédent. Sur ce studio, la révision autorisée passe d'environ 5 € à près de 7,50 € par mois. Voici comment calculer précisément la vôtre, et ce que ce changement de rythme signifie pour votre déclaration de revenus meublés l'an prochain.
L'IRL au 2ᵉ trimestre 2026 : une hausse qui accélère
Publié par l'INSEE le 10 juillet 2026 (insee.fr), l'IRL du 2ᵉ trimestre s'établit à 148,37, contre 146,68 un an plus tôt — une progression de 1,15 % sur un an. Au trimestre précédent, la hausse annuelle n'était que de 0,78 % : le rythme de revalorisation des loyers accélère nettement.
IRL T2 2026 (INSEE, Informations rapides n° 167, publié le 10 juillet 2026) : 148,37, soit +1,15 % sur un an (IRL T2 2025 : 146,68). Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/9022797 (insee.fr).
Comment réviser un loyer meublé : la formule et son fondement légal
En LMNP (location meublée non professionnelle — vous, dès que vous louez un logement meublé), la révision du loyer n'est pas automatique : elle suppose que votre bail contienne une clause de révision annuelle. Sans cette clause, le loyer reste fixe jusqu'au renouvellement du bail. Quand la clause existe, l'article 25-9 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (legifrance.gouv.fr) rend applicables au bail meublé les règles de calcul de l'article 17-1 de la même loi :
Formule de révision (articles 25-9 et 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 — legifrance.gouv.fr)
Loyer révisé = Loyer actuel × (IRL du trimestre de référence du bail / IRL du même trimestre de l'année précédente)
Le trimestre de référence est celui indiqué dans votre bail — en général celui de sa signature ou de sa date anniversaire. Pour un bail dont la clause de révision se réfère au 2ᵉ trimestre, c'est l'indice 148,37 qu'il faut utiliser pour la révision qui intervient en 2026.
Autre point à ne pas manquer : la révision n'est pas rétroactive au-delà d'un an. Si vous ne notifiez pas votre locataire dans l'année qui suit la date à laquelle la révision aurait pu prendre effet, vous perdez le bénéfice de cette révision pour l'année concernée — la hausse ne se rattrape pas l'année suivante. Un rappel dans votre agenda à la date anniversaire du bail évite ce genre d'oubli.
Précision utile : cette révision est interdite pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 — legifrance.gouv.fr). Si votre studio meublé est une passoire thermique, l'IRL T2 2026 ne change rien : le loyer reste gelé tant que les travaux de rénovation énergétique n'ont pas fait remonter le logement au moins en classe E.
Exemple chiffré : un studio meublé à 650 €/mois
Reprenons le studio en introduction : bail signé en mai 2025 à 650 €/mois, avec clause de révision annuelle au 2ᵉ trimestre.
Soit 7,49 € de plus par mois, environ 89,88 € sur l'année — contre 4 à 5 € par mois avec la revalorisation du trimestre précédent. L'écart paraît modeste en valeur absolue, mais il représente près du double du rythme de hausse observé début 2026.
Bail meublé, bail Jeanbrun, bail commercial : même indice, trois régimes
L'IRL sert de référence à plusieurs types de baux, mais pas de la même façon. En location meublée classique, la seule limite à la révision par l'IRL est l'encadrement des loyers dans les zones tendues qui l'appliquent — un plafond indépendant de l'IRL et propre à chaque commune. En bail nu sous le dispositif Jeanbrun, la révision suit la même formule mais reste bornée par un plafond de loyer fixé par arrêté, propre au dispositif. Dans une résidence gérée, en revanche, le bail commercial qui vous lie à l'exploitant n'est pas indexé sur l'IRL mais sur l'ILC (l'indice des loyers commerciaux, publié lui aussi par l'INSEE) — un indice différent, avec sa propre dynamique.
Ce que cette hausse change sur votre déclaration
Les 89,88 € de loyers supplémentaires s'ajoutent à vos recettes BIC (bénéfices industriels et commerciaux — le régime fiscal de la location meublée) de l'année. Au régime réel, l'amortissement — la déduction comptable qui efface l'usure du bien sur votre déclaration, souvent plusieurs milliers d'euros par an — absorbe généralement cette hausse sans faire apparaître d'impôt supplémentaire. Au micro-BIC (le cadre fiscal simplifié de la location meublée — sans charges à justifier, l'administration applique un abattement forfaitaire sur vos recettes), l'abattement s'applique aussi à ce supplément : rien à faire de particulier, la déclaration suit simplement vos loyers encaissés dans l'année.
Le simulateur Patrim recalcule votre résultat meublé avec votre loyer réel, révision comprise. Entrez votre loyer actuel et le trimestre de référence de votre bail pour voir l'impact concret sur votre déclaration.