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Votre locataire sous-loue en meublé : vos recours

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Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·

Vous louez un studio meublé de 25 m² à 650 € par mois, en LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé). Vous découvrez, en tombant sur une annonce en ligne, que votre locataire propose ce même studio à la nuitée sur une plateforme, ou qu'une tierce personne y vit sans que son nom figure au bail. Une sous-location, autorisée ou non, change beaucoup de choses pour vous : la loi du 6 juillet 1989 (le texte qui encadre les rapports entre propriétaires et locataires) vous donne un droit de regard sur cette pratique, et des recours précis si elle a eu lieu sans votre accord écrit. Voici ce que dit la loi, et ce que vous pouvez faire.

Un locataire peut-il sous-louer un meublé sans votre accord ?

Non. L'article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (le texte officiel qui fixe la règle — legifrance.gouv.fr) est clair : « le locataire ne peut ni céder le contrat de location, ni sous-louer le logement sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer ». Cette règle, prévue à l'origine pour la location vide, s'applique aussi à la location meublée constituant la résidence principale du locataire : l'article 25-3 de la même loi rend expressément l'article 8 applicable aux logements meublés. Sans votre accord écrit, donné au préalable, toute sous-location est donc irrégulière — que le sous-locataire y vive au mois ou seulement quelques nuits.

Même autorisée, la sous-location a un plafond de prix

Si vous donnez votre accord, la loi encadre malgré tout le montant que votre locataire peut demander à son sous-locataire : le loyer au mètre carré de surface habitable du logement sous-loué ne peut pas dépasser celui que paie le locataire principal — le vôtre. Votre locataire doit en outre transmettre au sous-locataire une copie de votre autorisation écrite et une copie du bail en cours. Si le contrat principal prend fin, le sous-locataire ne peut faire valoir aucun droit, ni aucun titre d'occupation, à votre égard.

Exemple : un studio meublé de 25 m² loué 650 € par mois

Le loyer principal représente 26 € par m² (650 € ÷ 25 m²). Même avec votre accord écrit, votre locataire ne pourrait pas sous-louer ce studio à un tarif supérieur à 26 €/m², soit 650 € maximum pour l'ensemble du logement — et non un montant plus élevé au motif que le sous-locataire n'occupe qu'une partie de l'année.

Que risque un locataire qui sous-loue sans autorisation ?

Le manquement à l'article 8 est un manquement à une obligation du bail comme un autre : vous pouvez demander la résiliation judiciaire du contrat de location pour ce motif. La jurisprudence vous reconnaît aussi le droit de réclamer au locataire les sommes qu'il a perçues du sous-locataire, ces loyers vous revenant en tant que propriétaire du bien loué. L'article 8 précise pour sa part que le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit à votre égard, y compris pour rester dans les lieux si le bail principal est rompu. Si l'échéance du bail approche, une autre option existe : refuser son renouvellement en invoquant un motif légitime et sérieux, la sous-location non autorisée en étant un. La voie choisie dépend surtout de la gravité de la situation et du temps qu'il reste avant l'échéance du contrat.

Comment repérer une sous-location non déclarée

Une sous-location se voit rarement au premier coup d'œil, surtout si le locataire continue de payer son loyer normalement. Quelques signaux méritent votre attention : une annonce en ligne montrant votre logement à la nuitée ou à la semaine, une boîte aux lettres ou un digicode modifié sans vous en informer, des allées et venues répétées de personnes différentes constatées par le syndic ou les voisins, ou encore une consommation d'eau et d'électricité qui ne correspond plus à l'occupation déclarée. Aucun de ces éléments ne prouve à lui seul une sous-location, mais réunis, ils justifient d'interroger votre locataire par écrit avant d'engager une procédure : la loi ne vous oblige pas à une mise en demeure préalable pour ce motif, mais elle reste la première étape utile pour établir les faits et, le cas échéant, constituer un dossier solide devant le juge.

Cette règle s'applique-t-elle à toutes les locations meublées LMNP ?

Elle s'applique dès lors que le logement meublé constitue la résidence principale du locataire — le cas de la grande majorité des locations LMNP classiques, hors résidence gérée. Un bail mobilité (destiné notamment à un locataire en formation, en études supérieures, en mission ou en stage, pour une durée de un à dix mois, non renouvelable) suit des règles proches mais distinctes. Et si c'est vous, propriétaire, qui louez occasionnellement le logement à la nuitée entre deux locataires, ce n'est plus une sous-location mais un meublé de tourisme : un statut qui répond à ses propres obligations d'enregistrement et de déclaration, distinctes de celles évoquées ici.

Une sous-location non autorisée est rarement le premier signe auquel un propriétaire pense, mais elle fait partie des risques concrets d'une location meublée : elle vous échappe tant que vous n'en êtes pas informé, et elle peut compliquer une remise en location si vous devez faire valoir vos droits en cours de bail. Simulez votre investissement en location meublée pour évaluer ce que ce type de bien peut vous rapporter, sous régime réel ou micro-BIC (le cadre fiscal simplifié de la location meublée — sans charges à justifier, l'administration applique un forfait).

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Questions fréquentes

Un locataire peut-il sous-louer un logement meublé sans l'accord du propriétaire ?
Non. L'article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (le texte officiel qui fixe la règle — legifrance.gouv.fr) interdit au locataire de céder le contrat de location ou de sous-louer le logement sans l'accord écrit préalable du bailleur, y compris sur le prix du loyer. L'article 25-3 de la même loi rend cette règle applicable à la location meublée dès lors que le logement constitue la résidence principale du locataire — le cas de la grande majorité des locations LMNP (loueur en meublé non professionnel) classiques.
Le sous-loyer peut-il être plus élevé que le loyer principal ?
Non. Même avec l'accord écrit du bailleur, l'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 plafonne le loyer au mètre carré de surface habitable du logement sous-loué au montant payé par le locataire principal. Le locataire doit en outre remettre au sous-locataire une copie de l'autorisation écrite du bailleur et une copie du bail en cours.
Que risque un locataire qui sous-loue sans autorisation écrite ?
Le bailleur peut demander la résiliation judiciaire du bail pour ce manquement à l'article 8 de la loi du 6 juillet 1989. La jurisprudence lui reconnaît aussi le droit de réclamer au locataire les sommes perçues du sous-locataire, ces loyers appartenant au propriétaire du bien loué. L'article 8 précise pour sa part que le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit ni d'aucun titre d'occupation à l'égard du bailleur si le contrat principal prend fin. Si l'échéance du bail est proche, le bailleur peut aussi refuser son renouvellement en invoquant un motif légitime et sérieux.
Cette règle de la loi de 1989 s'applique-t-elle à toutes les locations meublées LMNP ?
Elle s'applique aux locations meublées constituant la résidence principale du locataire, le cas de la plupart des locations LMNP classiques hors résidence gérée. Un bail mobilité, d'une durée de un à dix mois, suit des règles proches mais distinctes. Et si c'est le propriétaire lui-même qui loue occasionnellement le logement à la nuitée entre deux locataires, il ne s'agit plus d'une sous-location mais d'un meublé de tourisme, soumis à ses propres obligations d'enregistrement.
Comment un propriétaire peut-il détecter une sous-location non autorisée ?
Aucune preuve n'est automatique, mais plusieurs signaux méritent d'être vérifiés : une annonce en ligne montrant le logement à la nuitée, des allées et venues répétées de personnes différentes signalées par le voisinage ou le syndic, ou une consommation d'eau et d'électricité incohérente avec l'occupation déclarée. Avant toute procédure, interroger le locataire par écrit permet d'établir les faits et de constituer un dossier en cas de contestation devant le juge.

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