Actus · Jeanbrun

DPE 2027 : 300 000 logements sortent de la passoire

Lecture 5 min
Daniel
Par Daniel
Conseiller en Gestion de Patrimoine·

Votre logement chauffé à l'électricité est aujourd'hui classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE — l'étiquette qui classe votre logement de A à G selon sa consommation) et vous n'avez engagé aucun travaux ? Un arrêté publié le 26 août 2026 au Journal officiel peut changer sa lettre sans que vous touchiez à un seul radiateur. L'État vient d'abaisser une nouvelle fois le coefficient utilisé pour calculer la consommation d'énergie primaire de l'électricité, ce qui devrait faire sortir environ 300 000 logements du statut de passoire thermique au 1er janvier 2027. Voici ce que ce texte change concrètement, et ce qu'il ne change pas pour vos projets Jeanbrun ou Denormandie.

Un arrêté du 19 août 2026, publié le 26 août

L'arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique a été publié au Journal officiel du 26 août 2026 (legifrance.gouv.fr). Il modifie l'arrêté du 31 mars 2021 qui fixe la méthode de calcul du DPE : le coefficient qui sert à convertir l'électricité que vous consommez chez vous (l'énergie finale) en énergie primaire — la quantité d'énergie prélevée dans la nature pour produire cette électricité, pertes de production et de transport incluses — passe de 1,9 à 1,7. Cette baisse entre en vigueur le 1er janvier 2027.

Ce n'est pas la première baisse de ce coefficient : il était déjà passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, un changement qui avait fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique sans travaux (voir notre article sur le correctif DPE 2026). Ce nouvel arrêté est distinct de celui du 11 juin 2026, publié le 13 août, qui ajoutait de nouvelles informations au rapport de DPE et créait la mention « A0 » sans toucher au calcul de la lettre (voir notre article sur cette évolution). Le texte du 19 août, lui, change bien un chiffre du calcul.

Environ 300 000 logements concernés, selon l'étude d'impact

Selon les documents de la consultation publique qui a précédé cet arrêté (menée du 9 juillet au 6 août 2026 sur le site du ministère de la Transition écologique), le passage de 1,9 à 1,7 ferait sortir environ 300 000 logements du statut de passoire thermique : près de 200 000 quitteraient la classe F et environ 100 000 quitteraient la classe G. Pour les seuls logements chauffés entièrement à l'électricité, plus de 35 % des passoires actuelles sortiraient de ce statut. Le taux de passoires parmi les résidences principales, actuellement un peu au-dessus de 10 %, redescendrait vers 9 % environ.

Cette évolution du coefficient ne fait rien gagner à un logement chauffé au gaz, au fioul ou au bois : leurs coefficients propres ne bougent pas. Seuls les logements tout électrique — panneaux rayonnants, pompe à chaleur, chauffe-eau électrique — sont concernés par ce recalcul.

Exemple : un studio électrique classé F

Vous êtes propriétaire d'un studio chauffé par convecteurs électriques, classé F depuis un DPE réalisé en 2023. Depuis le 1er janvier 2025, la loi Climat et Résilience (loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 — legifrance.gouv.fr) ne vous interdit pas encore de le louer — seuls les logements classés G sont concernés à ce jour. Mais l'interdiction s'étendra aux logements classés F au 1er janvier 2028. Si le recalcul au coefficient 1,7 fait passer votre studio en classe E, vous sortez du champ de cette interdiction à venir sans avoir engagé un seul euro de travaux.

Comment savoir si votre logement change de classe, sans repayer un diagnostic

Comme pour le correctif 2026, vous n'avez pas besoin de faire réaliser un nouveau DPE pour bénéficier de ce recalcul. Un DPE établi avant le 1er janvier 2027 reste valable pour sa durée légale de 10 ans, mais vous pouvez obtenir une attestation gratuite intégrant le nouveau coefficient sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr), à partir du 1er janvier 2027, en indiquant le numéro de votre DPE existant. Cette attestation a la même valeur légale qu'un DPE refait et doit être jointe à vos annonces de location si vous voulez faire valoir la nouvelle classe.

Quel effet sur vos projets Jeanbrun, Denormandie ou LMNP ?

Pour un bien ancien que vous rénovez en vue du Jeanbrun (CGI — le Code général des impôts, le texte officiel qui fixe la règle —, art. 31-I-1° j — legifrance.gouv.fr), qui exige des travaux représentant au moins 30 % du prix d'acquisition pour atteindre un DPE de classe A ou B, ce recalcul ne change ni le seuil de travaux ni la classe visée. Mais si votre logement est chauffé à l'électricité, il rend cet objectif plus accessible avec le même chantier : la consommation d'énergie primaire retenue pour le calcul diminue mécaniquement, ce qui rapproche votre bien du seuil A ou B sans poste de travaux supplémentaire.

Le Denormandie (25 % du coût total de l'opération, 5° du B du I de l'article 199 novovicies du CGI) impose une double condition énergétique (décret n° 2019-232 du 26 mars 2019, BOFiP BOI-IR-RICI-365-10) : un gain de performance relatif d'au moins 20 % à 30 % selon le type de logement — une mesure que ce coefficient ne modifie pas, puisqu'il s'applique de la même façon avant et après travaux pour un logement resté électrique — et un plafond absolu de consommation d'énergie primaire après travaux, fixé à 331 kWh/m²/an. Pour un logement électrique, c'est ce second seuil qui profite du même effet mécanique que pour le Jeanbrun : une consommation primaire recalculée à la baisse rapproche votre bien de ce plafond.

Pour un bien déjà loué en LMNP (loueur en meublé non professionnel — vous, dès que vous louez un logement meublé) ou en location nue, la règle est la même que pour le correctif 2026 : la loi Climat et Résilience s'applique de façon identique, que le bail soit meublé ou nu. Un logement électrique reclassé hors des classes F ou G grâce à ce nouveau coefficient échappe à l'interdiction de location correspondante, sans que votre régime fiscal — micro-BIC ou réel — n'entre en jeu dans ce calcul.

Point de vigilance : la consultation publique qui a précédé cet arrêté a recueilli une majorité d'avis défavorables — 78 réponses défavorables sur 110 contributions reçues (108 hors doublons) — de professionnels du diagnostic qui contestent la méthode de recalcul. Le gouvernement a maintenu son projet en l'état. Cet arrêté ne modifie ni les seuils de travaux ni les conditions énergétiques du Jeanbrun (classe DPE visée) ou du Denormandie (gain de performance et plafond de consommation) : seul le coefficient de conversion de l'électricité change, et seulement pour les logements qui en utilisent.

Pour vérifier si votre bien électrique se rapproche des seuils énergétiques exigés par le Jeanbrun ou le Denormandie compte tenu de ce nouveau coefficient, simulez votre investissement.

Estimez votre avantage Jeanbrun

Découvrez en 3 minutes à quels dispositifs vous êtes éligible et estimez votre avantage fiscal.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le coefficient de conversion de l'électricité dans le DPE ?
C'est le facteur utilisé par le diagnostic de performance énergétique (DPE — l'étiquette qui classe un logement de A à G selon sa consommation) pour transformer l'électricité effectivement consommée chez vous (l'énergie finale) en énergie primaire — la quantité d'énergie prélevée dans la nature pour produire cette électricité, pertes de production et de transport comprises. Plus ce coefficient est élevé, plus la consommation d'énergie primaire calculée est haute, et plus la classe DPE d'un logement électrique est pénalisée. Il ne s'applique qu'à l'électricité : les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ont leurs propres coefficients, inchangés par cet arrêté.
Le coefficient DPE passe-t-il vraiment de 1,9 à 1,7 en 2027 ?
Oui. L'arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique, publié au Journal officiel du 26 août 2026 (legifrance.gouv.fr), abaisse ce coefficient de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. C'est la deuxième baisse en deux ans : le coefficient était déjà passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026.
Combien de logements vont changer de classe DPE grâce à cet arrêté ?
Selon l'étude d'impact publiée dans le cadre de la consultation publique qui a précédé cet arrêté (menée du 9 juillet au 6 août 2026 sur consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr), environ 300 000 logements sortiraient des classes F et G au 1er janvier 2027 : près de 200 000 quitteraient la classe F et environ 100 000 la classe G. Pour les logements chauffés entièrement à l'électricité, plus de 35 % des passoires actuelles sortiraient de ce statut. Ces logements ne font l'objet d'aucun travaux : seul le mode de calcul change.
Faut-il refaire son DPE pour bénéficier du nouveau coefficient ?
Non. Un DPE établi avant le 1er janvier 2027 reste valable pour sa durée légale de 10 ans. Pour faire valoir la nouvelle classe sans repayer un diagnostic complet, une attestation gratuite intégrant le coefficient de 1,7 sera téléchargeable à partir du 1er janvier 2027 sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr), en indiquant le numéro du DPE existant — sur le même principe que l'attestation créée pour le correctif 2026. Cette attestation a la même valeur légale qu'un DPE refait.
Ce nouveau coefficient change-t-il les conditions DPE du Jeanbrun ou du Denormandie ?
Non, il ne modifie ni les seuils de travaux ni les conditions énergétiques elles-mêmes. Le Jeanbrun dans l'ancien (CGI — le Code général des impôts, le texte officiel qui fixe la règle —, art. 31-I-1° j — legifrance.gouv.fr) continue d'exiger des travaux représentant au moins 30 % du prix d'acquisition pour atteindre un DPE de classe A ou B ; le Denormandie continue d'exiger des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération (5° du B du I de l'article 199 novovicies du CGI), avec une double condition énergétique (décret n° 2019-232 du 26 mars 2019, BOFiP BOI-IR-RICI-365-10) : un gain de performance relatif d'au moins 20 % à 30 % selon le logement, et un plafond absolu de consommation d'énergie primaire après travaux fixé à 331 kWh/m²/an. Pour un logement resté électrique, ce nouveau coefficient réduit mécaniquement la consommation d'énergie primaire calculée après travaux : il peut aider à la fois le Jeanbrun à atteindre le seuil A ou B et le Denormandie à passer sous son plafond de 331 kWh/m²/an, avec le même chantier. Seul le gain de performance relatif du Denormandie n'est pas concerné, puisque c'est une mesure de ratio avant/après qui n'est pas affectée par un changement de coefficient tant que le mode de chauffage reste identique.